lundi 28 octobre 2013

La peur, une émotion à exprimer !


L’Halloween approche pour la plus grande joie des petits et aussi… des plus grands. La tradition de l’Halloween veut que les enfants se déguisent avec des costumes qui font peur : sorcières, fantômes, monstres, diables, squelettes.  Pour les plus grands, c’est le festival de films d’horreur.
Malgré la joie du déguisement et de la cueillette de friandises, l’Halloween est associée à l’émotion de la peur. C’est l’objet de mon propos dans cet article.
La peur est une émotion universelle. Elle fait partie de la vie des êtres humains. On ne peut y faire fi. Par contre, beaucoup d’enfants apprennent tôt à taire leurs peurs. C’est un sujet tabou. Celui qui ose s’exprimer, se fait traiter de « moumoune » ou encore de « bébé ». Dans la société d’aujourd’hui où il faut être fort, exprimer sa peur est un signe de faiblesse, alors on apprend à se protéger et à se taire.
On peut comparer la peur à un monstre qui grouille, gargouille et grenouille dans notre monde intérieur. Si les peurs ne sont pas identifiées et gérées, elles prennent le pouvoir de notre vie sans même qu’on s’en rende compte. Quand nous laissons la peur diriger notre vie, nous prenons des décisions qui ne sont pas très constructives pour celle-ci. D’où l’importance d’apprendre tôt à exprimer et gérer cette émotion.
Comment puis-je aider mon enfant ?
è D’abord et avant tout, être à l’écoute des peurs de votre enfant. Les accueillir. Ne pas les banaliser, les rejeter, les expliquer. Elles sont là, point. Laissez votre enfant s’exprimer. Isabelle Filliozat, dans son excellent livre Au cœur des émotions de l’enfant, dit : « Les enfants dont on méprise systématiquement la peur ne deviennent pas des adultes ouverts et courageux. » Un truc : Demander à votre enfant de faire une liste de ses peurs. Il peut les écrire, les dessiner pour ensuite vous les exprimer. En atelier du programme À la découverte de soi, j’ai demandé aux enfants de faire la liste de leurs peurs, un enfant m’a dit : « Moi, j’en ai pas. » Ouf ! Je lui ai répondu : « Tu es bien chanceux, moi j’en ai une tonne. » Mais après avoir écouté les autres, finalement, il a réalisé qu’il avait plus de peurs qu’il pensait !
Quelles sont les principales peurs que les enfants m’ont exprimées lors de ces rencontres?
·                     La peur de la mort (la leur et celle de leurs proches) ;
·                     La peur de la maladie ou d’un accident;
·                     La peur de la séparation de leurs parents ;
·                     La peur de certains animaux comme les araignées ;
·                     La peur du noir ;
·                     La peur des méchants;
·                     La peur de ne pas avoir d’amis ;
·                     La peur de ne pas réussir à l’école.

è Par la suite, rassurer votre enfant et l’aider à traverser sa peur. Quelques trucs :
-      Respirer avec lui pour faire diminuer la peur. Cette émotion peut être très envahissante.
-      Partager vos propres peurs pour qu’il réalise que la peur est une émotion vécue par tous.
-      Dédramatiser et couper les scénarios dans sa tête qui augmentent la peur.
-      Lui rappeler une situation de peur qu’il a réussie à dépasser.
-      Lui demander comment il va faire maintenant pour dépasser cette peur qu’il vit. Cette question le met en mode action et l’oblige à chercher des solutions, à puiser dans ses ressources  intérieures. Ce sera un outil de plus dans son bagage auquel il pourra se référer en tout temps.
è Vous pouvez également lui lire l’histoire de Zoom sur l’île de la Peur (Zoom explore le continent Émotif) et faire avec lui les activités du Guide à l’usage de l’éducateur du programme À la découverte de soi.
Je crois fermement qu’il ne faut pas négliger les peurs des enfants. En tant qu’éducateurs, nous avons la responsabilité de les dégager pour que l’enfant  puisse mettre ses énergies à faire grandir ses richesses pour son propre épanouissement et son propre bonheur.
« Il y  des peurs saines, il y a des peurs démesurées, déplacées. Il y a des peurs à traverser, d’autres à dépasser, toutes sont à respecter, à accompagner. » Isabelle Filliozat

Danielle Savard