jeudi 25 septembre 2014

Le rejet, une forme indirecte d’intimidation


Fondamentalement, chaque être humain a besoin d’aimé et d’être aimé, d’être reconnu, d’exister dans ce qu’il est profondément. Dès la naissance, l’enfant cherche cette reconnaissance auprès de ses parents. Par la suite, en grandissant, c’est auprès de ses amis, camarades, connaissances, relations qu’il tend à répondre à ce besoin essentiel. 
 
Mais, la réalité s’impose rapidement… certains enfants ont de la difficulté à être accepté des autres et sont carrément rejetés ou se sentent rejetés. Selon les statistiques, au Québec, au moins deux élèves par classe sont victimes de rejet ou d’intimidation par leurs pairs. C’est beaucoup trop! Une action intimidante dure moins d’une minute, mais elle peut laisser des séquelles émotives qui durent toute la vie. En effet, le rejet est source de souffrances pour l’enfant qui vit cette problématique. Il peut vivre de l’agressivité, de la tristesse et de la honte. Il a souvent une image négative et se replie sur lui-même.
Comment peut-on l’aider en tant que parents, enseignants, éducateurs?
La première action à poser c’est d’identifier le type de rejet que l’enfant vit et l’aider à poser des gestes pour contrer le rejet. En consultant le tableau suivant, vous aurez quelques pistes de travail.


Type d’enfants
Actions à poser par l’enfant
  1. L’enfant qui s’attire l’antipathie des autres par des comportements inadéquats.
  • Je me regarde, je réfléchis et j’identifie les comportements inappropriés qui provoquent le rejet. Je les ARRÊTE.
  • J’apprends à me contrôler avant de poser un geste désagréable.
  • J’utilise les trucs pour gérer ma colère ou toutes autres émotions.
  1. L’enfant qui a une différence : physique, intellectuelle, goûts, intérêts, vêtements, etc.

  • J’augmente l’estime que j’ai de moi en identifiant, en développant et en tablant sur mes richesses.
  • J’apprends à me défendre et à m’affirmer.
  • Je parle avec un adulte en qui j’ai confiance pour trouver des solutions.
  1. L’enfant qui veut faire partie d’un groupe, mais ne sait pas comment s’y prendre (gêne, timidité, difficulté relationnelle).
  • Je développe mes habiletés sociales en allant vers les autres.
  • Je m’affirme en exprimant, par la parole et le geste, mes opinions, mes besoins, mes limites, mes valeurs.
  1. L’enfant qui s’exclut d’un groupe, n’a pas le sentiment d’appartenir à ce groupe (solitaire).
  • Je développe mes habiletés sociales en allant vers les autres.



De plus, je crois qu’il faut s’occuper autant de l’enfant qui rejette que celui qui est rejeté en développant chez celui-ci une attitude de base, l’empathie qui est la capacité de se mettre à la place de l’autre. 
 
De surcroît, il est important d’identifier et de conscientiser avec lui certains fonctionnements qui renforcent le rejet et l’amener à sortir de ces pièges relationnels.

 
Pièges
C’est quoi?
Comment m’en sortir?
Le jugement
Je me fie aux apparences pour me faire une idée de l’autre. Je juge l’autre selon des critères, des croyances, des idées que je me suis donnés. Si l’autre n’entre pas dans ces critères, je tranche sans trop le connaître. Je le condamne. Je le rejette. Je passe des commentaires blessants. Je suis sélectif dans le choix de mes amis.
  1. Développer l’empathie. Me mettre à la place de l’autre.
  2. Regarder la personne au-delà des apparences. Changer son regard.
  3. M’intéresser à l’autre. Essayer de comprendre sa situation.
  4. Développer l’ouverture aux différences.
  5. Arrêter les commentaires blessants qui rejettent.
La domination
J’impose mes idées, mes goûts, mes décisions, mes règles. Je me tiens en gang pour imposer davantage mon pouvoir afin de rejeter une personne.
  1. Conscientiser mes gestes de domination.
  1. Développer l’empathie. Me mettre à la place de l’autre.
  2. Constater les impacts de mes gestes sur les autres.



Le programme À la découverte de soi peut aider l’enfant qui vit une problématique de rejet en développant chez lui l’ouverture, l’empathie, l’estime et l’affirmation de soi, en plus de l’aider à gérer ses émotions et faire des choix constructeurs. En tenant compte de tous ces aspects à développer chez l’enfant rejeté ou chez celui qui rejette, le processus pour faire cesser le rejet est long et demande de la patience. Malheureusement, il n’y a pas de recettes miracles… il n’y a que des actions à poser.

mardi 27 mai 2014

Cultiver la joie… un apprentissage!


De nombreuses recherches sur le fonctionnement du cerveau nous permettent de mieux comprendre ce qui entoure les émotions.
L’amygdale, située à la base du cerveau dans le système limbique, est la principale structure du cerveau émotionnel et assure la mémoire émotionnelle. Elle a des connexions neuronales avec la plupart des régions du cerveau et a le pouvoir de monopoliser les ressources de celui-ci. De plus, l’amygdale est plus sensible aux émotions négatives et a tendance à les capter plus vite.

Pour renverser la vapeur et être capables de  gérer les émotions négatives afin qu’elles ne prennent pas le pouvoir sur notre vie, nous devons nous placer dans des situations capables de générer des états émotionnels positifs. Ainsi, nous sollicitons notre cortex préfrontal gauche, siège de nos émotions positives, permettant, de cette manière, d’inhiber l’amygdale.

Cette clarification s’impose pour expliquer l’importance d’apprendre à l’enfant dès son jeune âge à cultiver les moments de joie chaque jour et à ne pas alimenter les émotions négatives.

La première action à poser, dans ce sens, est d’élargir son vocabulaire de la joie : est-il heureux, content, ravi, enthousiaste, satisfait, fier, confiant, assuré, calme, positif, de bonne humeur, euphorique? A-t-il le goût de rire, de sourire, de s’esclaffer, de se délecter, de goûter? En ayant un vocabulaire plus large, il sera plus en mesure d’identifier les moments de joie qu’il vit.

Par la suite, dans un moment privilégié, soit à l’heure du coucher ou à l’heure du souper, lui demander d’énumérer ou raconter brièvement les moments qui ont été sources de joie dans sa journée : regarder, jouer, sourire, partager, apprendre, recevoir, visiter, etc. Lui faire prendre conscience qu’il y a beaucoup de ces moments ordinaires qu’il peut vivre de manière extraordinaire. S’il est plus vieux, il peut avoir un journal intime et y inscrire quotidiennement tous ses moments de joie qu’il pourra vous partager par la suite. Quel beau moment privilégié avec son enfant!

En cultivant la joie dans son quotidien, votre enfant ne pourra que récolter le bonheur!

« Ne corrige pas le mauvais mais augmente le bon, il absorbera le mauvais. » Gitta Mallaz


Danielle Savard

mercredi 2 avril 2014

Mon continent Émotif : volcan, raz-de-marée, iceberg ou mer calme?

« Les émotions justes nous rendent notre puissance. Les émotions déplacées, disproportionnées, excessives, substitutives, élastiques… nous vulnérabilisent » nous dit Isabelle Filliozat.

Apprendre à l’enfant à identifier la manière dont il vit ses émotions, l’état de son continent Émotif, est un pas important pour qu’elles ne prennent pas le pouvoir sur sa vie et lui fassent faire des choix discutables. Comme le dit si bien Guy Corneau : « Lorsque nous parlons des émotions, nous parlons en fait de l’océan sur lequel vogue l’humanité, la plupart du temps sans gouvernail et sans cap pour s’orienter. Ainsi, nous nous retrouvons ballottées par elles. Faute d’être reconnues, nos eaux intérieures créent de grandes vagues dans lesquelles nous risquons de nous noyer. Car l’émotion déferle en nous comme une vague qui nous porte, nous emporte ou nous submerge. »

Pour éviter les dérives, pour donner aux enfants des balises pour s’orienter dans cette mer d’émotions, je vous propose ce petit exercice de prise de conscience :


  1re étape : Identifier avec l’enfant l’état de son continent Émotif en lui posant la question : à quoi ressemblent tes émotions?

1.      Volcan 
J’ai un continent Émotif volcanique quand mon tam-tam intérieur (mes émotions) vibre trop. Ainsi, au moindre évènement, les émotions se gonflent facilement et prennent rapidement toute la place en moi. Je suis facilement mené par mes émotions, déboussolé.

On dit de moi que je suis sensible. Je perds facilement mon sang-froid. J’ai de la difficulté à me contrôler. Je suis explosif, bouillonnant, excité, emballé, passionné.


2.     Raz-de-marée:

La tristesse envahit mon monde intérieur comme une inondation ou un raz-de-marée. Ma vie n’est que tristesse, désolation. Je me complais dans cette émotion. Je suis une victime. Je fais pitié. Je suis souvent bouleversé,  perturbé, négatif.





3.   Iceberg :
Mon continent est gelé. J’ai de la difficulté à exprimer mes émotions par peur de perdre la face, par peur de souffrir, de faire rire de moi ou parce que je n’ai pas été habitué dans ma famille à  exprimer mes émotions : l’éducation des non-dits.


Je n’ose pas les exprimer. Je refoule mes émotions. Je les bloque souvent sans m’en rendre compte. Je les enfouis. Elles sont gelées, paralysées. Je suis comme insensible, endurci, indifférent.

En apparence, je garde mon sang-froid. J’ai l’air calme, en contrôle. Je suis habitué à raisonner au lieu de laisser vivre mes émotions.
Attention : Je peux ressentir un calme à la surface et penser que mes émotions sont paisibles et ajustées, mais en fait, mon continent est gelé.


4.   Mer calme
Mes émotions sont ajustées parce que je les ai travaillées c’est-à-dire que je les ai conscientisées, accueillies, exprimées et partagées. Je gère mes émotions. Je ne les contrôle pas. Je vis mes émotions sans être désorienté.

En surface, la mer peut être agitée, mais quand le processus de gestion des émotions est complété, elle redevient calme, paisible, harmonieuse.

2e étape : Discuter avec lui des conséquences de l’état de son continent Émotif sur les décisions qu’il prend.

Pour que l’enfant circule sur la route de la réussite de sa vie, direction BONHEUR, il se doit de prendre conscience de la manière dont il vit ses émotions pour qu’il ait lui-même le contrôle sur sa vie.

Le programme À la découverte de soi avec son livre Zoom explore le continent Émotif propose aux enfants vingt heures d’activités sur les émotions : les nommer, les conscientiser et les gérer.

Regardez notre vidéo promotionnelle en cliquant sur ce lien : http://vimeo.com/m/89802251
Danielle Savard

vendredi 7 février 2014

Quand le monstre de la colère se pointe le bout du nez…

La colère a sa raison d’être et sa place dans le monde intérieur. Elle permet à la personne de s’affirmer, de dire non, de dire sa frustration et de se faire respecter. Mais, quand elle n’est pas gérée, que se passe-t-il dans le monde intérieur?

D’abord, le continent Émotif (les émotions) se gonfle et prend toute la place ou presque. La colère envahit le monde intérieur comme une coulée de la lave. Elle prend le pouvoir à ton insu et envoie des messages destructeurs au cerveau.

Sous l’emprise de la colère, le continent Logique (le cerveau) ne raisonne plus. Il est sous l’impulsion de cette colère et prend des décisions destructives pour toi et les autres. À ce moment, le piège de l’imagination galopante réapparaît : tu nourris ta colère avec des pensées en escalade. Ta colère se nourrit de ta colère.

Le corps sous l’effet de la colère subit une poussée d’énergie. Il est stimulé sous l’impulsion des hormones du cerveau et des réactions cardiovasculaires. Il est en état d’alerte. Des tensions de toutes sortes se déclenchent.

Tes énergies étant mobilisées par la colère, tu n’es pas en mesure de développer tes richesses qui se trouvent au continent Unique (être).

Étant donné que la colère parle fort, tu n’entends pas la voix de l’Indique (guide intérieur) qui suggère constamment de bonnes idées.

Et pour les autres, que se passe-t-il? La colère brise les relations puisque sous son emprise, tu blesses, agresses, accuses, dévalorises, détruis…

Que l’on soit enfant, adolescent ou adulte, cette émotion nous est familière. Une prise de conscience des impacts de la colère est nécessaire.

Pour ce, je suggère une petite démarche qui peut être faite par écrit ou oralement dépendamment de l’âge que l’on a. Elle peut être un support aux parents qui disent à leur enfant : « Va réfléchir dans ta chambre ».
  1.  Continent Émotif : Raconte ou écris une situation de colère que tu as vécue à un haut degré d’intensité (les faits, les personnes impliquées).
  2.  Continent Biologique : Décris les impacts de la colère dans ton corps.
  3.  Continent Logique : Nomme les décisions prises à ce moment. Identifiles gestes posés et leurs conséquences.
  4.  Continent Unique : Identifie les richesses que tu as développées à ce moment. (Probablement pas puisque tes énergies sont monopolisées ailleurs.)
  5.   Continent Indique : Écris ce que la voix de l’indique t’a dit. (Probablement que tu ne l’as pas entendu !).
  6.  Au pays des Liens : Décris les conséquences de ta colère dans tes relations avec les autres.


Naturellement, cette prise de conscience vient après avoir géré cette émotion en utilisant différents trucs :
  1.  Respirer profondément. (La respiration ralentit le rythme cardiaque et occupe l’esprit ailleurs.)
  2.   S’exprimer en « je » au lieu du « tu » qui accuse.
  3.   Taper sur des coussins ou des oreillers.
  4.    Écrire ou dessiner sa colère.
  5.    Faire une marche, jouer dehors, faire de l’exercice (L’exercice offre un exutoire à l’agressivité et stimule la chimie du bien-être du cerveau).
  6.    Se parler pour ne pas alimenter sa colère.
  7.   S’exprimer, raconter sa colère à quelqu’un qui est capable de l’accueillir.
  8.     Demander de l’aide.

Apprendre tôt aux enfants à mieux gérer leur colère, c’est leur donner des outils pour qu’ils grandissent dans des milieux de vie  plus harmonieux.

Le programme À la découverte de soi avec son livre Zoom explore le continent Émotif propose aux enfants trois heures d’activités sur la colère.


Danielle Savard

jeudi 9 janvier 2014

Mon souhait pour l’année 2014

Je viens de lire dans le journal Le Progrès-Dimanche du 5 janvier dernier, un article qui porte à réflexion « L’art d’être bon parent est tout à fait récent » du psychologue Yves Dalpé.

Dans cet article, on y précise que c’est seulement au 20e siècle avec la naissance de la psychologie moderne que les besoins affectifs des enfants ont commencé à être considérés, avant ils étaient complètements niés, presque partout dans le monde. Je cite un extrait : «  L’art d’être bon parent est tout à fait récent, et encore aujourd’hui, la plupart des enfants sont maltraités dans la majorité des pays du monde. Plus on recule dans l’histoire et plus on s’éloigne des sociétés occidentales actuelles, plus la probabilité est grande d’y trouver des abandons d’enfants, de la violence, des abus sexuels et des assassinats d’enfants. » 
 
Nous constatons une très lente évolution du traitement des enfants. Nous sommes passés de la période de l’infanticide où 50% des enfants étaient tués par leurs parents, à celle de battre les enfants au sang comme méthode efficace d’éducation, puis à la période de punition. « Il a fallu attendre au 19e siècle pour qu’on introduise la socialisation des enfants de façon plus décente. Et c’est seulement au 20e siècle, qu’on peut parler d’un mode d’aide des enfants. » 
 
« Comme la santé mentale de l’adulte est tributaire du traitement vécu durant son enfance, on voit bien que l’humanité sort à peine d’une misère affective extrême. »

Mon travail auprès des enfants depuis de nombreuses années vise à donner à l’enfant sa place en tant qu’être humain pour :
  • qu’il grandisse en étant conscient du trésor qu’il a à l’intérieur de lui qui fait son unicité. Trésor qu’il a à découvrir, explorer, dégager, actualiser et à faire rayonner;
  • qu’il apprenne à faire des choix constructeurs pour sa vie;
  • qu’il s’engage sur la route de la réussite de sa vie, direction bonheur en faisant de lui un humain plus responsable, plus équilibré, plus libre et par conséquent plus heureux.
Il pourra construire avec les années une société personnalisante où la place est accordée à la personne humaine et à son déploiement.

Mon souhait pour l’année 2014 c’est qu’il y ait de plus en plus d’éducateurs (parents, enseignants, intervenants sociaux, etc.) soucieux, sensibilisés et engagés à la cause des enfants et à l’impact de l’éducation de ces derniers sur notre société.

Le programme À la découverte de soi propose cette éducation aux enfants par la découverte de leur monde intérieur et est un outil extraordinaire pour tout éducateur intéressé à les guider dans cette direction BONHEUR.

Il ne faut pas oublier que les enfants sont les adultes de demain.

Danielle Savard