vendredi 7 février 2014

Quand le monstre de la colère se pointe le bout du nez…

La colère a sa raison d’être et sa place dans le monde intérieur. Elle permet à la personne de s’affirmer, de dire non, de dire sa frustration et de se faire respecter. Mais, quand elle n’est pas gérée, que se passe-t-il dans le monde intérieur?

D’abord, le continent Émotif (les émotions) se gonfle et prend toute la place ou presque. La colère envahit le monde intérieur comme une coulée de la lave. Elle prend le pouvoir à ton insu et envoie des messages destructeurs au cerveau.

Sous l’emprise de la colère, le continent Logique (le cerveau) ne raisonne plus. Il est sous l’impulsion de cette colère et prend des décisions destructives pour toi et les autres. À ce moment, le piège de l’imagination galopante réapparaît : tu nourris ta colère avec des pensées en escalade. Ta colère se nourrit de ta colère.

Le corps sous l’effet de la colère subit une poussée d’énergie. Il est stimulé sous l’impulsion des hormones du cerveau et des réactions cardiovasculaires. Il est en état d’alerte. Des tensions de toutes sortes se déclenchent.

Tes énergies étant mobilisées par la colère, tu n’es pas en mesure de développer tes richesses qui se trouvent au continent Unique (être).

Étant donné que la colère parle fort, tu n’entends pas la voix de l’Indique (guide intérieur) qui suggère constamment de bonnes idées.

Et pour les autres, que se passe-t-il? La colère brise les relations puisque sous son emprise, tu blesses, agresses, accuses, dévalorises, détruis…

Que l’on soit enfant, adolescent ou adulte, cette émotion nous est familière. Une prise de conscience des impacts de la colère est nécessaire.

Pour ce, je suggère une petite démarche qui peut être faite par écrit ou oralement dépendamment de l’âge que l’on a. Elle peut être un support aux parents qui disent à leur enfant : « Va réfléchir dans ta chambre ».
  1.  Continent Émotif : Raconte ou écris une situation de colère que tu as vécue à un haut degré d’intensité (les faits, les personnes impliquées).
  2.  Continent Biologique : Décris les impacts de la colère dans ton corps.
  3.  Continent Logique : Nomme les décisions prises à ce moment. Identifiles gestes posés et leurs conséquences.
  4.  Continent Unique : Identifie les richesses que tu as développées à ce moment. (Probablement pas puisque tes énergies sont monopolisées ailleurs.)
  5.   Continent Indique : Écris ce que la voix de l’indique t’a dit. (Probablement que tu ne l’as pas entendu !).
  6.  Au pays des Liens : Décris les conséquences de ta colère dans tes relations avec les autres.


Naturellement, cette prise de conscience vient après avoir géré cette émotion en utilisant différents trucs :
  1.  Respirer profondément. (La respiration ralentit le rythme cardiaque et occupe l’esprit ailleurs.)
  2.   S’exprimer en « je » au lieu du « tu » qui accuse.
  3.   Taper sur des coussins ou des oreillers.
  4.    Écrire ou dessiner sa colère.
  5.    Faire une marche, jouer dehors, faire de l’exercice (L’exercice offre un exutoire à l’agressivité et stimule la chimie du bien-être du cerveau).
  6.    Se parler pour ne pas alimenter sa colère.
  7.   S’exprimer, raconter sa colère à quelqu’un qui est capable de l’accueillir.
  8.     Demander de l’aide.

Apprendre tôt aux enfants à mieux gérer leur colère, c’est leur donner des outils pour qu’ils grandissent dans des milieux de vie  plus harmonieux.

Le programme À la découverte de soi avec son livre Zoom explore le continent Émotif propose aux enfants trois heures d’activités sur la colère.


Danielle Savard